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Article tiré du magazine Pratique des Arts numéro 47
Au fond d'une cour envahie d'herbes folles et de fleurs sauvages, se niche l'atelier de Rémy Aron. Seule la banlieue parisienne recèle de ces trésors, ces hangars vidés de leurs artisans dont l'immensité convient aux artistes en mal d'espace et d'isolement. La lumière y est belle, jetée au travers des fenêtres hautes, éclairant la voûte du plafond. Sur la verticale, l'espace est vide. Il n'en est pas de même à l'hori zontale : déjà, une massive chau dière d'usine trône de toute sa rouille mate. Elle laisse au peintre peu d'espoir d'être vraiment chez lui. Disons qu'elle le tolère, ronflante en hiver. Dans l'atelier, la vie de tous les jours s'étale aussi simplement qu'elle est vécue: journaux, livres, catalogues d'expos, invitations, courriers, deux radios, de vieux fauteuils accueillants, resserrés pour la conversation, montrent qu'ici on vit, on partage. On y travaille: Rémy Aron vient quotidiennement peindre dans cet espace qui paraît d'autant plus gigantesque que l'homme est discret. Il se déplace avec la souplesse du chat, il a des yeux chaleureux qui traduisent son amour des choses et des gens; comme un félin, il avance, quoiqu'il arrive, sans se bercer d'illusions, sans perdre de temps dans des affrontements, inutiles.
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